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mercredi 25 mars 2015

El Watan | Farid Cherbal: "Nous assistons au retour d’un syndicalisme revendicatif et démocratique au niveau de certains campus"

Le 10 mars dernier, des enseignants de l’USTHB, dont vous-même, ont tenu une assemblée générale décrétant la «nécessité impérieuse de la reprise de l’activité syndicale» au sein de l’établissement. Vous qui étiez un membre très en vue du CNES, comment voyez-vous l’état de l’activité syndicale aujourd’hui ?

Il faut commencer tout d’abord par rappeler que le réseau universitaire algérien compte aujourd’hui 97 établissements de l’enseignement supérieur (dont 48 universités) répartis sur 48 wilayas, et que le nombre d’enseignants universitaires est de 51 000. Il n’existe pas dans l’Université algérienne de 2015 un syndicat des enseignants du supérieur qui peut égaler le syndicat CNES historique (dont j’étais membre et qui avait activé de 1996 à 2006) en termes de force syndicale démocratique et revendicative, de représentativité et de légitimité.
Farid Cherbal. Enseignant-chercheur à l’USTHB
L’activité syndicale dans l’Université algérienne est pratiquement absente depuis 2008, à l’exception de la résistance syndicale qui est maintenue dans quelques campus par le Syndicat des enseignants du supérieur solidaires (SESS), un syndicat démocratique et revendicatif.

Ce syndicat attend son récépissé d’enregistrement depuis 3 années, après avoir accompli toutes les formalités légales, alors que l’article 8 de la loi 90-14 du 2 juin 1990 (la loi qui régit les modalités de l’activité syndicale) stipule que la délivrance du récépissé d’enregistrement se fait au plus tard 30 jours après le dépôt du dossier.

Bien sûr, si nous revenons à l’actualité syndicale de l’année 2015, nous assistons au retour d’un syndicalisme revendicatif et démocratique au niveau de certains campus, comme la grève des enseignants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi ouzou (depuis le 11 février), et la reprise de l’activité syndicale à l’USTO, l’université de Sidi Bel Abbès et à l’USTHB.

Dans un communiqué que l’AG a rendu public, vous utilisez des notions très agressives, comme «dégradation drastique» des conditions de vie et de travail de la communauté universitaire et «sauvegarde de l’USTHB» ; cela va-t-il aussi mal ?

Oui, je confirme qu’il y a une dégradation drastique des conditions de vie et de travail à l’USTHB depuis quelques années, et qu’il y a une urgence absolue à sauvegarder l’USTHB, qui est un patrimoine historique, académique, scientifique et culturel du peuple algérien. Il faut rappeler que l’USTHB de 2015 est une ville moyenne où 41 000 personnes (37 000 étudiants, 1824 enseignants et 2000 travailleurs) vivent et travaillent au quotidien ! Donc, elle doit être gérée comme une ville moyenne avec les normes universelles urbaines et les moyens matériels adéquats. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

C’est l’absence d’une gestion démocratique qui est le noyau central de la crise multidimensionnelle que vit l’USTHB (et l’Université algérienne en général) depuis 3 décennies. La gestion démocratique de l’université veut dire l’élection par les enseignants des responsables académiques qui sont le recteur et son équipe, le doyen, le chef de département… sur la base d’un programme de travail et de développement de l’université, et avec une limitation du nombre de mandats, comme le recommande l’Unesco.

Les enseignants réunis en AG ont pris une série de mesures : ils ont désigné 8 délégués, décidé de l’élection d’un collectif des enseignants de l’USTHB, ainsi que la reprise de l’activité syndicale.

Assiste-t-on à la naissance d’un nouveau syndicat dans l’enseignement supérieur ?

Nous assistons avant tout à la reprise de l’activité syndicale à l’USTHB et à l’élection d’un collectif des enseignants, selon l’article 4 de la loi 90-02, qui doit prendre en charge les revendications socioprofessionnelles des enseignants de l’USTHB, et lutter avec la communauté universitaire pour la sauvegarde de l’USTHB et l’amélioration du cadre de vie et de travail. Je rappelle que l’USTHB a toujours été un centre historique des luttes syndicales démocratiques et revendicatives des enseignants, des travailleurs et des étudiants.

Un lieu de défense des libertés académiques, de l’éthique universitaire, de la pédagogie et de la recherche scientifique et du métier de l’enseignant. C’est à l’assemblée générale des enseignantes et enseignants de l’USTHB que reviendra la décision stratégique du choix de la future dynamique syndicale nationale. C’est-à-dire la création d’un nouveau syndicat, ou bien rejoindre un syndicat des enseignants du supérieur qui défende une ligne démocratique et revendicative, et qui soit en phase avec les revendications sociétales, et où les décisions stratégiques sont  prises par les assemblées générales des adhérentes et adhérents, comme c’était le cas dans le syndicat CNES historique.

Au début du mois, nous avons entendu parler de tractations et de négociations entre la section CNES de l’université de Tizi Ouzou (CNESTO) et celle de l’USTHB ; avez-vous participé à ces rencontres ? Et si oui, ont-elles été concluantes ? Y a-t-il un lien entre les deux mouvements ?

Tout d’abord, je vous informe que la  section CNES-USTHB n’existe plus depuis des années. Il n’y a eu ni tractations, ni négociations, ni rencontres. La réalité est que les enseignantes et enseignants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou sont en grève depuis le 11 février 2015, et ce, pour tenter de faire aboutir les revendications socioprofessionnelles de tous les enseignants du supérieur.

Alors, l’assemblée générale des enseignantes et enseignants de l’USTHB du 4 mars a salué publiquement dans sa déclaration : «La lutte des enseignantes et enseignants de l’université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou pour une Université publique au service du bien-être de la société algérienne».

Quel est le plan d’action que vous allez suivre ?

Le projet de programme d’action qui sera enrichi et amendé par les enseignants en fonction de la situation socioprofessionnelle qu’ils vivent aujourd’hui va reprendre en premier toutes les questions qui ont été débattues par les 3 assemblées générales qui se sont déjà tenues à l’USTHB, c’est-à-dire la défense des libertés académiques et de l’éthique universitaire, la gestion de la pédagogie, l’augmentation du budget de formation alloué à l’étudiant de l’USTHB, l’augmentation du budget de la recherche scientifique, les conditions de vie et de travail à l’USTHB, les revendications socioprofessionnelles, la question du logement, et le renforcement de la gestion démocratique et autonome de la commission des œuvres sociales.

Samir Azzoug, El Watan du 25 mars 2015

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