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jeudi 31 mai 2012

A propos du Séminaire "Repenser l'Université": Réflexion.

Un séminaire national sur le thème « repenser l'université » s'est tenu à l'université d'Oran le 27 et 28/05/012. J'y suis allé pour écouter, pour apprendre et peut-être plus encore, pour vérifier auprès de l'autre que les dégâts que je constate autour de moi ne sont pas de pures fabulations de ma part !

« Paradoxe », le mot fut récurrent chez les intervenants, dans les discussions et  même dans le décor... Je le retiens en premier car, dés l'entame en ce samedi matin, déception et satisfaction, s'imposèrent en moi. Déçu entre autres par le sentiment de «l'exercice en vase clos», de la non affluence… et satisfait par l'acuité, la visibilité et la disponibilité des intervenants et plus encore, de s'entendre dire en écoutant l'autre, l'expert de surcroit.

« Repenser l'université » se profile au fil des interventions comme un volet, une part du chantier plus vaste que serait « repenser l'Algérie » au sein d'une dynamique mondialisante aux contours incertains articulée quasi totalement sur une lecture occidentale de notre réelle, de notre société, de… l'anthropologie (à réinventer).

Beaucoup a été fait, réalisé…, infrastructures, équipements, budgets en stage, laboratoires…, mais semble t-il, les retombées de ces dépenses conséquentes et généreuses, virent plus dans le « re-panser » en s'ingéniant à refaire des pansements sans trop se soucier de la nature des germes à l'origine de la plaie à l'image des « semi-instruits» et/ou les « homo logicialuctus » bien plus dangereux que les analphabètes, nuisibles et si néfastes  à l'incontournable et plus que nécessaire rééquilibrage du rapport : administratif/pédagogique. A ce sujet, il a même été dit depuis l'estrade : « Hogra, déni, et marginalisation… ». Avec des acteurs (enseignants s'entend) plus occupés à se hisser dans l'échelle administrative,  une autre «majorité silencieuse » mais bien à l'affut d'une possible entrée… administrative, il ne reste pas beaucoup de monde « pour construire  l'université du troisième âge » escomptée…

Sous de beaux pansements donc, sans cesse renouvelés, un milieu de culture exceptionnellement favorable au bourgeonnement d'experts en plagiat et en thèses Maison continu à prospérer au vu et au su de tous ! Les efforts consentis, et ils ne sont pas des moindres, de la part de « bonnes volontés » pour l'essentiel ayant arraché leur autonomie et leur liberté de penser sous (ou grâce) à d'autres cieux, se heurtent disent-ils à l'absence de « volonté politique »… La question est alors de savoir si cette « volonté politique » est à attendre 50 autres longues années ou faut-il œuvrer à l'arracher et tout de suite par le biais d'une solidarité entre enseignants du supérieur de bonnes volonté !!!

Y aurait-il, parmi « les fraichement élus bon gré /malgré », parmi les cadres dans les sphères de décisions, parmi les « mahgourines » en bas d'échelle, des engagements enfin matures, responsables et prêts à soutenir politiquement publiquement leurs propres aspirations au changement ?
Obligations professionnelle oblige (surveillance d'examen à mon département), les interventions du dimanche m'ont échappées mais, à en juger par le débat de clôture (que je n'ai pas raté), l'énigme reste entière.

Malgré les difficultés et obstacles à obtenir des données relatives à l'implantation du LMD, données pourtant très naturellement disponibles chez nos voisins (Maroc ; Tunisie), l'écart entre les textes fondateurs de ce système « bien ou mal importé » et son vécu sur le terrain est aussi visible que la faille de San-Andreas ne laissant aux bonnes volontés que le souci de lister les dégâts présents et à venir.

L'état des lieux est flou, l'horizon ne peut être que plus brumeux tant que l'historicité n'aura pas entamé de rationaliser le religieux comme préalable à la refondation de l'état. Ensuite, si suite il y à, il faudrait croire au partenariat (s) : aller vers le tissu industriel… oui mais pas seulement à coup de conventions sans lendemain ; associer les syndicats... encore oui mais pas seulement en terme d'alibi pour avaliser ce qui est déjà décidé ailleurs hors-débats et sans consultations... Ce faisant, prendre sérieusement l'épineuse question de la langue, précisément de la langue d'enseignement, loin de la langue de bois, en reconnaissant nos limites et en assumant notre diversité.

A propos de langue, il y a eu insistance de la part des uns et des autres sur la nécessité de maitriser le « sens de nos mots » (j'ajouterais volontiers : et celui de nos maux). A ce propos encore, Démocratisation serait-il synonyme de massification ? L'acte politique de démocratiser l'université se résume t-il à ouvrir bien béante la porte pour « un bachelier/une place pédagogique et un diplômé vaille que vaille» ? N'est-il pas encore temps d'inoculer à ce signifiant la responsabilité de tout un chacun d'élire son chef de département par exemple et pour commencer comme gage d'une nouvelle ère ?

Le propre d'un séminaire est de poser des questions, de cadrer la réflexion… Pour ma part et en attendant, des propos que feu Mr Benhlima, cadre didacticien et pédagogue de l'éducation nationale, m'a suggéré un jour que j'étais jeune enseignant, me sont revenus alors que je quittais le séminaire. Il disait : « Plutôt que d'attendre une volonté politique qui changerait tout l'écosystème, active toi à ton niveau, à l'échelle de la niche écologique ; c'est bien là l'unité de la refondation… ».


Abdellatif TADJEDDINE  
SESS. Université d'Es Sénia

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