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dimanche 15 mars 2015

Scandale à l’université de Khenchela : Un recteur et des sociologues accusés de plagiat

Les révélations ces dernières années de cas d’imitations de travaux de recherches universitaires commis aux quatre coins du pays par la crème intellectuelle algérienne pose moult questions sur la valeur de ceux censés inculquer aux générations futures le savoir mais aussi et surtout… les valeurs. Une énième affaire vient d’être révélée, cette fin de semaine, au Jeune Indépendant.

Des enseignants de l’université Abbas Laghrour de Khenchela nous ont en effet soulevé un autre cas de plagiat dans lequel sont impliqués, cette fois-ci, plusieurs responsables et professeurs de l’université aurésienne. Les enseignants se disent indignés par le comportement de leurs « confrères », le Recteur, la doyenne de la faculté des sciences humaines, le chef de département et des professeurs en l’occurrence, accusés d’indélicatesse intellectuelle et directement visés.

Une correspondance a d’ailleurs été envoyée au ministre de l’Enseignement supérieur, au Cerist, au Conseil de déontologie professionnelle universitaire ainsi qu’au directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique dans l’espoir de voir réagir les responsables.

En effet, l’objet de toutes ces manœuvres est une publication universitaire intitulée « El-Borhane » récemment éditée par le département des sciences humaines et sociales. La revue scientifique dont une copie nous a été remise contient en effet des reproductions presque mot-à-mot de travaux effectués par des enseignants et étudiants étrangers et publiés pour certaines il y a près de dix ans.

Ces articles « recopiés » dans le premier numéro de la revue ont été en plus signés par des responsables et professeurs es qualité de la dite université de l’Est algérien.

« El-Borhane », la publication dont le premier responsable n’est autre que le recteur de l’université de Khenchela, a été « coiffée » par des travaux de recherches « importés » de Palestine, d’Arabie Saoudite en sus de travaux de recherches de professeurs algériens qui n’ont pas non plus échappé à « l’arnaque ».

Ainsi, au moins trois sujets ont été reproduits presque « texto », relève-t-on sur les pages de la revue datée du mois de juin dernier mais tirée au mois de janvier 2015 sur les presses d’une imprimerie domiciliée à Aïn M’lila dans la wilaya d’Oum El-Bouaghi.

Des travaux dont l’un réalisé par un professeur saoudien de l’université d’Oum El-Kora en Arabie Saoudite a été reproduit par un professeur présenté comme un proche parent de la doyenne de la faculté des sciences humaines de la dite université et non moins directrice de la rédaction de la nouvelle publication universitaire.

Un autre article repris in extenso d’une thèse présentée à l’université En-Nedjah à Neplouse en Palestine. Traitant de la planification sanitaire dans la région de Jérusalem Est, l’article a été toutefois remodelé pour les besoins du lectorat estudiantin algérien en « rayant » le mot Jérusalem.

Des faits qui feront forcement tache d’huile dans la mesure où, apprend-on par ailleurs, les propriétaires des articles reproduits ont été destinataires de copies de la revue, à des fins inavouées certes, mais qui semblent obéir à une stratégie visant à les faire réagir pour préjudice.

Il est clair, que ces révélations concourent aussi à enfoncer davantage l’institution universitaire algérienne déjà à la traîne depuis des années dans les classements internationaux.
Des classements qui, même s’ils ne reflètent que subjectivement les valeurs qualitatives des universités et instituts cités, ne manquent pas de crédibilité. Il est, en effet, reconnu que la stratégie de nombre d’instituts de sondage repose sur des tactiques promotionnelles visant à « vanter » les qualités de campus privés pour la plupart à des fins exclusivement économiques.

La commission scientifique nationale a-t-elle validé « El-Borhane » ?

En tout cas, ce cas de plagiat dans la faculté des sciences humaines laisse perplexe dans la mesure ou à quelques encablures du campus, théâtre du « larcin », à Constantine précisément à l’université Abdelhamid Mehri, un séminaire tenu mercredi et jeudi a révélé que près de 90% des publications universitaires au niveau national sont l’œuvre de chercheurs et enseignants des départements des sciences humaine et sociale.

En effet, une communication autour du thème n’a pas manqué de relever le nombre impressionnant de revues publiées par les sociologues. Ainsi, Le professeur Mokhtar Sellami a précisé que près de 89% des publications universitaires dont le nombre avoisinerait les 400 titres sont l’œuvre de chercheurs et enseignants des départements des sciences humaine et sociale à travers les 26 universités au niveau national.

Des publications dont très peu, révèle-t-il aussi, sont mises sur la toile, soit 16 %. Le professeur Sellami a fourni par ailleurs le chiffre de 60 000 doctorants actuellement répertoriés et celui de 30 000 documents publiés actuellement font que les universités algérienne occupent la 56e place.

Par ailleurs, et, lors de cette rencontre, nombre de responsables de laboratoires n’ont pas manqué de soulever des interrogations sur le travail des membres de la commission scientifique chargée justement de veiller sur les publications et sur les méthodes utilisées dans l’évaluation des travaux.

Cette commission scientifique nationale de validation des revues scientifiques a été instituée par arrêté ministériel le 17 juin de l’année dernière. Dénommée « la Commission », cette dernière a pour mission de déterminer la liste des revues scientifiques des doctorants, des enseignants chercheurs et des chercheurs permanents.

Elle a entre autres missions de statuer sur la pertinence des revues scientifiques éligibles pour la soutenance des thèses de doctorats et surtout d’accompagner les établissements universitaires de recherche et la communauté scientifique nationale à la création de revues scientifiques.

Si telle est la mission de la commission dont le nombre se compose de huit membres, il est à se demander si ce « laborieux » concentré d’articles « importés » publiés sur les pages « d’El-Borhane » a transité comme le stipule le règlement par le Conseil scientifique de l’université aurésienne ensuite, mais aussi et surtout a-t-il été « validé » par la « Commission », présidée faut-il le rappeler par le directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique au ministère de l’Enseignement supérieur ?
Des questions qui restent en suspens et attendent que la tutelle daigne bien déléguer une mission pour au moins « s’instruire » sur le sujet.

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