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mardi 2 décembre 2014

Clonage, refus d’agrément, pressions. Le combat sans répit des syndicats autonomes


Si les partenaires du dialogue économique sont acquis à la cause des centres de décision politiques, que dire alors du dialogue social ? Dans la bataille de représentativité que mènent les syndicats autonomes face au principal syndicat des travailleurs, à savoir l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), cette dernière vient de laisser quelques plumes. En juin dernier, la Centrale syndicale, partenaire attitré du gouvernement, perdait son siège au sein du conseil d’administration de l’Organisation Internationales du Travail (OIT).

Une sanction après que l’Algérie ait été interpellée par l’organisation onusienne sur des entraves à l’exercice des libertés syndicales suite à des plaintes introduites par les syndicats autonomes. Il s’agit d’un «désaveu» pour l’UGTA, estime Stephane Enjalran, président du Comité international de soutien au syndicalisme autonome algérien (CISAA). Car, parallèlement, les syndicats autonomes sont reconnus par la Confédération syndicale internationale (organisation comptant 325 syndicats affiliés, représentant 178 millions de travailleurs dans 161 pays dans le monde).  L’UGTA «a perdu une bataille importante et à terme cela lui nuira», pense notre interlocuteur. Elle n’est certes «pas en reste» en termes de représentation, mais aujourd’hui elle «est inquiétée» par les syndicats autonomes. Mais pour ces derniers, la partie est loin d’être facile.
Le Syndicat national du personnel de l’administration publique (SNAPAP), qui se présente comme le principal syndicat autonome du pays avec 300 000 travailleurs représentés, ne fait a priori pas le poids devant une Centrale syndicale dont les nombres se comptent en millions. D’autant que les manœuvres tendant à museler les syndicats autonomes n’ont pas manqué, notamment à travers le clonage. Plusieurs de ces syndicats, eux, ont vu l’émergence de leur double. «Le clonage touche les syndicats jugés dangereux par le pouvoir et ceux-ci ont de l’audience», souligne Stephane Enjalran. Parmi les plus touchés, le Snapap. Son porte-parole, Rachid Malaoui, explique que la pratique consiste à «octroyer un récépissé par l’administration au syndicat factice reconnaissant son existence et le considérer dès lors comme le partenaire du dialogue du gouvernement». Le syndicat bis n’est visible que quand son rival «légitime» entame des actions sur le terrain.
Le but de la manœuvre est non seulement de discréditer le syndicat, mais également de «brouiller les repères et créer la confusion, surtout au niveau des salariés parce qu’ils ne savent plus qui est légitime». La technique n’est pas unique, les syndicats autonomes sont neutralisés de facto par le fait qu’on ne leur octroie pas d’agréments. Ceux qui le sont sont confinés à des secteurs précis et sommés de ne pas dépasser ses limites, explique Rachid Malaoui. Le secteur économique est, quant à lui, «verrouillé», observe le président du CISA. Si certains secteurs sont plus «combatifs» que d’autres, il est clair que l’éclatement des syndicats autonomes dont on retrouve plusieurs dans une même corporation comme la santé et l’éducation «facilite la neutralisation», estime le syndicaliste français.  
Les acquis obtenus en faveur des travailleurs après des protestations lancées par les syndicats autonomes pourraient permettre à ces derniers de s’affirmer auprès du monde du travail en tant que dignes représentants. Quant à s’imposer comme partenaire social à part entière du gouvernement, il faudra sans doute plus qu’un coup de pouce de l’OIT.
In El Watan, Par Safia Berkouk

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