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mercredi 4 janvier 2012

La CNCD ou le rêve inachevé d’un changement pacifique

Elle a été créée pour arrimer l'Algérie au mouvement de l'Histoire

Née au lendemain des émeutes du début janvier, mais fruit de l'admiration suscitée par la révolution du Jasmin, la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) s'est proposée d'encadrer un mouvement de contestation populaire diffus — c'est-à-dire sans tête ni programme — exposé à toutes sortes de manipulations. 


Mus par le souci d'éviter au pays de nouveaux dérapages mais aussi par l'ambition de s'inscrire dans le sens de l'histoire révolutionnaire qui s'écrivait dans la région, des acteurs de tous bords (syndicats, organisations, partis, …) avaient alors pris sur eux de mettre en place cette structure non-partisane. Sa feuille de route : un changement radical mais pacifique. Mais, face aux pressions qu'elle subissait, la CNCD s'est scindée en deux ailes au lendemain de la deuxième tentative infructueuse de tenir une marche. La première, menée par le vieux militant des droits de l'Homme, Ali Yahia, n'entendait pas lâcher prise et voulait maintenir les actions de rue. La deuxième, menée par la Laddh de Me Bouchachi, ne voulait plus entendre parler de marches et supportait mal la présence des partis politiques au sein d'une CNCD décrétée pourtant transpartisane. Le divorce consommé, cette dernière s'éclipsera complètement de la scène au point d'être accusée par certains d'avoir été instrumentalisée par des cercles politiques qui, eux-mêmes, étaient de mèche avec la Présidence. Mais la CNCD continuait d'appeler, chaque samedi, à des marches qui étaient toutes réprimées. Comme si la répression ne suffisait pas (des députés et des femmes étaient matraqués), des "baltaguia" étaient là pour faire peur aux manifestants. Pis, on ne s'était pas privé de dégainer l'arme à double tranchant du régionalisme au risque de porter un coup à l'unité du pays. Par une certaine presse interposée, une campagne féroce et haineuse avait été menée contre Saïd Sadi dont le parti est perçu, à tort ou à raison, comme la cheville ouvrière de la CNCD. De guerre lasse, les membres de la CNCD ont décidé fin juin de suspendre la fameuse marche du samedi. 


Pour autant, peut-on dire d'eux qu'ils ont échoué dans la mission qu'ils se sont donnée, à savoir mobiliser les Algériens autour de la revendication du changement radical ? Certes, le système en place est toujours là, mais il faut reconnaître que les initiateurs ont réalisé beaucoup de gains politiques. Passons sur le fait qu'ils ont tiré le pays de la spirale des émeutes pour lancer un combat porté par des acteurs identifiés autour d'objectifs clairs. N'était la pression de la CNCD, il n'était pas évident pour le pouvoir de consentir à lever l'état d'urgence en vigueur depuis 20 ans.


Il faut reconnaître que c'est grâce aux tentatives de marches du RCD, le 22 janvier, et de la CNCD, le 12 février, que le mur de la peur a été brisé. Depuis, toutes les catégories sociales jusqu'aux anciens militaires et autres gardes communaux ont investi la rue pour exiger leurs droits. En tout cas, l'histoire retiendra que, malgré les vents contraires, des Algériens, armés de leurs convictions et de leur patriotisme, ont tout fait  pour arrimer le wagon Algérie au train de l'Histoire.


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